B) Le corps, un facteur d’intégration.

  1. Le corps, un facteur d’intégration.

  1. Dans la société

La beauté a fortement évolué au cours du temps, mais sa place dans la société reste toujours aussi importante. Depuis toujours on porte un intérêt profond au corps même si celui-ci varie selon les époques et les sociétés.

Si on remonte à l'époque du Moyen Âge, le Tiers-Etat qui était surtout composé de paysans et d'artisans, se voyait attribuer un profil très stigmatisé. Leurs activités étant principalement physiques et d'extérieurs, ils étaient plutôt musclés et avaient une peau marquée et bronzée comparée à celle de la noblesse. Les nobles, évitaient les rayons du soleil, ils se distinguaient donc du Tiers-État grâce à une peau lisse, douce, et claire. Par ailleurs, les nobles ne pratiquaient pas d'activités physiques, ils étaient sédentaires et bénéficiaient d'une abondance de nourriture. Ne connaissant pas la famine, ils étaient bien plus en chair, enrobés et présentaient une corpulence plus importante que les personnes du Tiers-Etat. Ces caractéristiques physiques permettent donc de distinguer les classes et les différents niveaux de vie de l'époque.

De nos jours, la beauté physique a également un autre effet très positif en matière de socialisation. Elle facilite dès le plus jeune âge les relations amicales. D'après une étude américaine, les enfants « beaux » se font plus facilement des amis, ils sont jugés plus gentils et plus indépendants que les autres. A l'inverse les enfants disgracieux sont jugés plus querelleurs et plus craintifs. Les enfants obèses, ont plus de mal à s'intégrer dans les groupes. On constate donc qu'une distinction est faite dès le plus jeune âge.

Cette propension des enfants « beaux » à se faire des amis développe inévitablement une certaine confiance en eux, ils acquièrent également une individualité marquée, une plus grande force de persuasion et de séduction auprès des personnes du sexe opposé. Leur réussite provient avant tout de l'estime personnelle qui amplifie leurs atouts, cela ne peut avoir que des effets bénéfiques plus tard sur leur vie professionnelle et leur vie amoureuse. La beauté est donc source d'inégalité.

Emile Durkheim est considéré aujourd'hui comme l'un des pères fondateurs de la sociologie française. C'était un grand sociologue français du XIXème siècle. Dans une analyse de la socialité corporelle, il assure que pour distinguer les individus il faut un facteur d'individualisation, c'est le corps qui joue ce rôle. Mais le temps et l'évolution socioculturelle modifient la silhouette de l'idéal corporel, c'est pourquoi, dans la deuxième moitié du XXème siècle, le monde des bourgeois s'intéresse de plus en plus aux activités sportives.

Celles-ci transforment le corps en instrument et place le sportif dans le cadre des rapports de production et de consommation. La pratique sportive devient par ce biais très prisée socialement, elle donne par ailleurs une certaine vision du corps : minceur, élégance, musculature...

Pierre Bourdieu parle à ce propos d'habitus de classe. D'après son idéologie (1977-1979) : « Le corps perçu est essentiellement un produit socioculturel et le rapport au corps propre ne tiendrait pas directement à l'image que nous en renvoie autrui, mais à certains modèles du corps légitime qui régissent l'évaluation de cette image en fonction de la position du sujet dans la structure sociale. L'expérience du corps (et corrélativement de sa beauté) serait foncièrement liée à de telles catégorisations et à l'inculcation d'un certain habitus. Le modèle esthétique du corps concerne tout un ensemble de sentiments et de jugements de la beauté. » La perception et l'esthétisme du corps varierait donc en fonction des classes sociales et des habitudes de ces individus. On constate tout de même que les classes sociales les plus aisées valorisent la grâce, la beauté et la forme physique. Ces valeurs sont spécifiques au statut social que l'on occupe et varie selon lui, mais également selon des impératifs sociaux qui font du corps un objet social mais aussi un objet de consommation.

Nous pouvons affirmer que notre morphologie initiale est amenée à évoluer, à changer, sous l'action de facteurs extérieurs. En effet, nos activités quotidiennes, nos habitudes ou notre profession peuvent influencer sur notre apparence physique. Une activité physique quotidienne et un métier d'extérieur vont favoriser l'élimination des calories, apporter une certaine tonicité et favoriser le développement des muscles, contrairement à un métier bureautique et d'intérieur qui n'apporte pas autant de dépenses physiques. Mais nous n'iront pas jusqu'à généraliser qu'un aspect physique correspond à une catégorie socioprofessionnelle particulière, car il existe encore beaucoup d'exceptions.

Dans la société, le corps et l'apparence physique jouent un rôle essentiel car ils facilitent considérablement les relations entre les individus et améliorent leur confiance en eux, ce qui favorise leur socialisation. Émile Durkheim et Pierre Bourdieu se sont également penchés sur la question et en ont développé des théories intéressantes qui prouvent l'importance d'une belle apparence physique.

b) Dans le monde du travail

 

 

 

 

L'image que nous dévoilons a un impact dans l'esprit des gens, en est-il de même dans le monde professionnel ?

Lorsque l'on rencontre une personne pour la toute première fois, la première information que l'on perçoit est son apparence physique.

Avant même que le contact ait pu s'établir, de près ou de loin, d'un bref coup d'œil on évalue le type d'individu auquel on va avoir à faire. On peut deviner son milieu social, sa personnalité, son tempérament, ses qualités mais aussi ses défauts...

Il en est de même dans le monde du travail. Un employeur établit une première analyse en fonction de l'apparence physique, par la suite, il renforce son jugement grâce au CV et à la personnalité de son interlocuteur lors de l'entretien.

Il est vrai que lors d'un entretien d'embauche, on conseille généralement de s'habiller convenablement et d'afficher la meilleure image possible. Afficher un corps mince et tonique et non maladif prouve aujourd'hui la capacité d'un individu à « réussir » sa vie. En effet, le corps est un outil de travail sur lequel il faut pouvoir compter.

D'après le sondage fait sur ce site, 83% des personnes interrogées pensent que le physique influence le résultat de l'entretien d'embauche alors que seulement 12% pensent que cela n'a pas d'importance et 6% n'ont pas d'avis sur la question.

Dans certains domaines, l'apparence physique est plus importante que dans d'autres. Lorsque le contact avec le client est fréquent et que l'image des employés reflète celle de l'entreprise, il est évident que les personnes embauchées seront celles avec le physique le plus avantageux. On peut le constater dans les métiers du secteur tertiaire notamment ceux du commerce. Un des métiers qui reste le plus qualificatif est celui d'hôtesse de l'air ou de steward. C'est un très bon exemple qui prouve l'importance de l'apparence physique, car les compagnies aériennes imposent souvent des critères physiques et esthétiques particuliers. Les femmes doivent généralement mesurer entre 1,65m et 1,78m et les hommes entre 1,68m et 1,92m.

L'apparence physique a donc un impact majeur sur la perception d'un individu, c'est même le premier élément qui entre en compte.


 

  1. La sociologie du corps.

 

Jean-Claude Kaufmann, « Corps de femmes, regards d’hommes. » (Sociologie des seins, 1995).

Dans les années 1990, la mode des seins nus s’est répandue sur les plages françaises. A travers l’étude de la pratique des seins nus sur la plage. J-C Kaufman avait pour ambition d’explorer le monde et la construction des conduites sociales. Derrière une apparente décontraction, le faite d’enlever son soutient gorge sur la plage et en faite hautement socialisé. Rien de « spontané » ou « naturel ». Certaines femmes ne retirent le haut qu’une fois allongées, d’autres vérifient pré préalablement qu’aucune de leurs connaissances n’est présente aux alentours.

Enfin, le regard porté sur les poitrines est loin, lui aussi, d’être neutre : « une femme trop grosse avec des seins nue, c’est affreux». Ce commentaire témoigne d’un contrôle très présent des conduites sous une apparente libération des mœurs.

 

Christopher Lasch, « la culture du narcissisme.» la culture du narcissisme et La vie américaine a un âge de déclin des espérances

L’essayiste américain Christopher Lash est le théoricien du narcissisme contemporain. Il ne se contente pas de décrire le mouvement de déclin collectif et l’individualisme ambiant, comme l’on fait d’autres auteurs, il insiste au contraire sur les paradoxes du narcissisme. Narcisse n’est pas un égoïste replié sur lui-même, il a besoin des autres pour satisfaire l’image de soi. Il est donc piège par cette volonté de paraitre. Le consumérisme, l’attention accordée à sa santé, à son corps, à sa réussite personnel, le refus de la vieillesse etc. sont autant de façons de se soumettre finalement à une nouvelle forme d’aliénation caractéristique du monde contemporain.

 

Jean Baudrillard, «  le corps objet de consommation »

Le sociologue J. Baudrillard aborde la question du corps dans le cadre de la société de consommation. Apres de long siècle de puritanisme le « corps hypostasié est devenu le mythe directeur dune étique de la consommation » écrit il. Le corps est désormais investit comme un capital que l’on doit gérer ; il est un moyen d’expression de son statut social. Le corps s’affiche aussi au travers de « fétiche » porteur d’un message tourné vers l’extérieurs : « de l’hygiène au maquillage, en passant par le bronzage, le sport et les multiples libérations de la mode, ca redécouverte passe d’abord par les objets. » Support de narcissisme, objet de prestige, le corps doit se plier a des pratiques de consommation, de manière au final à répondre a des impératifs valorisés tel que la minceur ou la forme.

 on d'une femme au physique avantageux et non une femme qui a des formes. (Photo et vidéo fille).

 

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